OFFENBACH REPORT
L’opéra plein écran

 

En raison de la crise sanitaire, la coproduction régionale n’a pu être jouée en public. Mais sa transformation en un film à part entière constitue une vraie première.

 

En cette année si particulière, les projets perturbés par le Covid se comptent par centaines, par milliers. Certains ont été abandonnés, d’autres n’ont jamais été en mesure de rencontrer leurs publics. Le projet Offenbach Report a lui connu une toute autre destinée. Le projet a été partagé entre les quatre maisons d’opéra du Grand Est, il s’agissait même de la toute première coproduction régionale entre les quatre structures (Metz, Nancy, Reims et Strasbourg). Dans ce cadre, chacune accompagnait financièrement le projet commun, mais elle apportait également une pierre supplémentaire à l’édifice en fonction de ses propres spécificités. L’Opéra de Nancy a accueilli la plupart des répétitions, celui de Reims s’est investi dans la construction des décors, Metz dans la réalisation des costumes… Une collaboration ambitieuse pour un projet qui ne l’est pas moins. Offenbach Report met en valeur un pan méconnu de l’histoire du célèbre musicien, Jacques Offenbach. « Après la bataille de Sedan et la chute du Second Empire, Offenbach a perdu tous ses soutiens ; Il est passé de mode, mais sans réduire son train de vie, explique Yann Molénat, chef d’orchestre et directeur musical d’Offenbach Report. Il s’est donc exilé aux Etats-Unis, sur proposition d’un producteur américain. » La production s’est ensuite quelque peu éloignée de cette histoire véridique pour dépeindre un Offenbach signant avec ce producteur un pacte faustien pour qu’il écrive son premier vrai opéra, Les Contes d’Hoffmann.

 

Pareille aventure collaborative entre plusieurs maisons d’opéra d’un même territoire n’est pas si fréquente. Mais la pandémie a tout stoppé. Brutalement. « Heureusement, nous avions eu une session de travail très importante avant d’être contraints de tout arrêter, se souvient Yann Molénat. La veille du premier confinement, nous avions réalisé un filage professionnel, une répétition très poussée, de toute la pièce qui avait pu être enregistrée en vidéo. De même, toutes les parties au piano ont aussi fait l’objet d’une captation. Quand nous avons dû repartir, chacun chez soi, il nous restait des traces à partager pour continuer à travailler, chacun de notre côté. » Reportée, la pièce aurait dû être présentée à Reims et dans les opéras partenaires à l’automne. Face à une nouvelle impossibilité, le metteur en scène Mikaël Serre a eu l’idée de garder une trace de ce projet.  Plutôt que d’imaginer une captation live de l’opéra, il a préféré se lancer dans un projet en tous points innovant : la réalisation d’un véritable film. La production a débuté par un enregistrement de l’intégralité de la partition musicale, puis celle de séquences scénographiées, avec des impératifs de lieux, de lumière, d’horaires de tournage. Les répétitions et tournages se sont déroulés sur trois lieux, à Nancy : L’Autre Canal, la Salle Poirel et l’Opéra national de Lorraine. « Quand cette machine du cinéma se met en branle, avec tous ces métiers et son extrême précision, c’est une expérience incroyable à vivre, sourit le chef d’orchestre. Je me souviens de séquences tournées dans le foyer de l’opéra, au milieu de la nuit, absolument folles. » Le projet a été transformé. De l’opéra initial, sur un format d’une heure trente, il n’est resté que 58 minutes après une réécriture attentive, comme l’explique Yann Molénat : « Le réalisateur, Philippe Petit, est un habitué des formats clip et de leurs esthétiques, cela a donné au film un style très moderne. Pour autant, il a été très respectueux du projet, du récit comme de la musique. Pour nous, musicien, c’est un cadeau que d’avoir pu collaborer à un tel projet, surtout pour celui-ci, qui a été tourné et monté dans un temps record. » Le film a été diffusé par France 3 Grand Est ainsi que par plusieurs télévisions locales. L’opéra, ainsi transformé en une œuvre audiovisuelle à part entière, aura existé. Plus encore, il a touché d’autres publics, notamment chez les jeunes, ce dont se réjouit Yann Molénat. « Cela ne me dérange absolument pas que l’opéra ait connu cette destinée. Je pense que les maisons d’opéra qui ont accompagné cette transformation en un véritable film sont, en quelque sorte, les précurseurs de nouvelles aventures artistiques. En tant que musicien, cela ne m’a pas coûté, je ne me suis pas senti contraint. » Un musicien heureux, donc, sur scène comme sur le petit écran…

 

opera-national-lorraine.fr
opera.metzmetropole.fr
operanationaldurhin.eu

 

Texte : Cyrille Jouanno
Images : Amandine de Cosas pour l’Opéra National de Lorraine

        

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