CLARISSE LOCHMANN
UN VENT NOUVEAU SOUFFLE SUR L’OPÉRA DE REIMS

Vous l’avez certainement déjà remarqué, l’Opéra de Reims renouvelle cette saison son identité. Pour l’occasion il a fait appel à l’illustratrice nantaise Clarisse Lochmann, repérée pour son travail très personnel sur les formes qu’elle élabore à partir de masses colorées réalisées pour certaines au pinceau, pour d’autres par ordinateur. Son travail, est à découvrir sur les supports de communication de la nouvelle saison (brochure, affiches, magazine…) mais également sur les vitres de l’Opéra de Reims. Pour l’occasion, Clarisse Lochmann a répondu à quelques questions concernant son travail. 

 

Pouvez-vous nous décrire les grandes lignes de votre processus créatif ?
Je n’ai pas vraiment de « technique ». Personnellement, je trouve qu’il n’y a pas vraiment de processus ! Simplement des sujets et idées qui m’enthousiasment, que je prends plaisir à « creuser » et à retranscrire sur papier.

 

Pourquoi associer le travail de la main à des formes dessinées sur ordinateur ? 
J’ai une formation de graphiste. J’avais donc l’habitude des formes numériques lorsque j’ai commencé à faire des illustrations. J’ai trouvé intéressant le contraste du dessin manuel mélangé aux formes vectorielles.

Est-ce plutôt le travail de la main qui guide l’idée, ou l’idée qui guide le travail de la main ?
Je dirais plutôt l’idée d’abord. Mais une fois le visuel amorcé, les formes créées peuvent modifier l’idée.
À titre d’exemple : les livres sur lesquels j’ai travaillé. J’avais une idée du thème que je souhaitais aborder, une vague structure de texte. J’ai commencé à dessiner à partir de ça et les formes m’ont ensuite donné des idées pour modifier le texte. Les dessins peuvent donc me faire modifier le texte et inversement, les deux interagissent. 

 

Est-ce un enjeu particulier de répondre à une commande tout en conservant votre propre vision artistique ?   En quoi votre proposition artistique raconte-t-elle votre vision de l’opéra ?
C’est vrai qu’il y a un enjeu particulier, Il y a des points sur lesquels j’ai du mal à faire des concessions (les couleurs, l’aspect flou, imprécis et en mouvement…). L’Opéra de Reims m’a laissée très libre lorsqu’il m’a fait la commande. Au démarrage du projet, je lui ai fait deux propositions, avec des croquis. La première était plutôt classique, avec des représentations de l’extérieur et de l’intérieur de l’opéra. La seconde proposition était une évocation de « l’idée de l’opéra », avec des personnages sur scène. J’ai travaillé sur les formes qui se découpent entre ces personnages, l’espace apparemment « vide » entre les acteurs, ce qui émane d’eux. J’ai composé l’image comme une grande frise que l’on peut utiliser en boucle, et dans laquelle on peut recadrer de nouvelles images. J’ai été très heureuse de découvrir que c’est cette proposition – moins conventionnelle – qui a été choisie. Et je suis honorée que ces images soient utilisées pour le programme ainsi que sur la façade de l’Opéra de Reims !

Vous avez sorti deux livres jeunesse*, qu’est-ce qui vous plaît dans cet exercice ? 
Le livre est un support très simple : des pages qui se succèdent, blanches au départ, et sur lesquelles l’auteur est libre d’inventer. Chez les enfants, il y a une notion de jeu très importante, une capacité à se projeter dans un monde imaginaire, ce qui permet une grande liberté de représentation. Et les livres jeunesse sont autant d’interprétations possibles qu’il y a de lecteurs, enfants comme adultes (eux-mêmes passés par l’enfance…).

 

Avez-vous envie de vous diriger vers de nouvelles choses ? 
Continuer à faire des affiches et des livres, ça serait idéal !  

Une actualité ? Des projets ? 
J’ai fait les illustrations d’un album jeunesse paru le 19 août dernier, Fin d’été édité par l’Étagère du bas. Les textes sont de Stéphanie Demasse-Pottier. C’est un livre sur la petite mélancolie de la fin des vacances et un joli exemple de pas de côté qu’on peut envisager pour se rendre le retour plus doux. Un autre livre paraîtra début 2022, en collaboration avec cette même auteure.

 

 

*Dans la file, 2019, L’Atelier du Poisson Soluble
La Passoire, 2020, L’Atelier du Poisson Soluble

 

 

 

  3 questions sur Clarisse Lochmann à Caroline Mora, directrice de la communication de l’Opéra de Reims.

 

Pouvez-vous nous rappeler le contexte de votre collaboration avec Clarisse Lochmann ?

Après le pic de la crise sanitaire, nous avions envie de renouveler certaines choses. On avait besoin, comme pour beaucoup, d’un vent de fraîcheur. On a donc cherché à rebattre quelques cartes… Cela devait notamment passer par l’identité de notre maison. Nous avons revu la structure de nos documents de communication mais aussi – parce que c’est un point de contact très riche et sensible avec le public – notre visuel de saison, que nous avions tout particulièrement envie de soigner.

 

Pourquoi le choix de l’Opéra de Reims s’est-il porté sur cette artiste ? 

Nous voulions quelque chose qui représente « l’humain », le plaisir de se retrouver, quelque chose d’incarné et vivant. On voulait que la teneur artistique du visuel soit évidente parce que c’est quand même la raison d’être de cette maison, de faire parler les arts. Nous sommes tombés sur le travail de cette jeune illustratrice qu’est Clarisse Lochmann, nous avons eu un flash avec Serge Gaymard, directeur de l’Opéra de Reims. Nous avons tout de suite senti une affinité avec le discours que l’on voulait porter. Il y a quelque chose de très humain dans son travail, avec un trait doux, très élégant et un sens des couleurs à la fois frais et qui fonctionne parfaitement avec l’univers de l’opéra. Et tout ça pourtant, avec une modernité incontestable et en même temps très « soft », dans laquelle chacun peut se reconnaitre et se laisser embarquer. 

 

Quel était l’objet de la commande ?

Nous lui avons demandé une grande œuvre qui serait une fresque, d’un point de vue conceptuel –  la fresque de ce qui se passe à l’opéra –, mais aussi, d’un point de vue visuel (l’œuvre est une grande image tout en longueur) afin de pouvoir l’afficher sur les vitrines du péristyle, et que l’on puisse y extraire des détails pour nos supports de communication. Clarisse nous a sorti ces personnages… On ne sait pas s’ils dansent, s’ils se parlent, se déchirent, s’embrassent, ils font un peu tout ça à la fois… Comme au théâtre, qui est un condensé de vie. 

 

 

clarisselochmann.com
instagram.com/clarisselochmann

 

 

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